
Vous avez des idées, vous connaissez le vocabulaire, mais le jour de l’examen votre essai ou votre exposé donne l’impression d’une liste de phrases posées côte à côte. C’est souvent le détail qui sépare un 12 d’un 16. Au niveau B2, l’examinateur n’attend pas seulement des arguments justes : il attend un raisonnement qui se tient, où chaque idée s’enchaîne avec la suivante. Les mots qui assurent cet enchaînement s’appellent les connecteurs logiques.
Un connecteur logique relie deux idées et indique leur rapport : l’une cause l’autre, l’une s’oppose à l’autre, l’une illustre l’autre. « Le télétravail réduit les déplacements. Il isole les salariés » devient « Le télétravail réduit les déplacements ; en revanche, il isole les salariés ». La deuxième version montre que vous opposez deux effets, et c’est exactement ce que le jury veut voir. Dans cet article, vous trouverez les connecteurs B2 organisés par fonction, avec des exemples concrets pour l’essai argumenté et pour le débat oral, et la façon dont ils pèsent sur votre note.
Ce que le jury évalue vraiment : cohérence et cohésion
Les grilles d’évaluation de la production écrite et de la production orale du DELF B2 notent plusieurs critères : le respect de la consigne, la capacité à argumenter et à défendre un point de vue, l’étendue du vocabulaire, la maîtrise de la grammaire, et la cohérence et la cohésion du propos. Ce dernier critère est celui que les connecteurs servent directement.
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Voir mon niveauLa cohérence, c’est la logique d’ensemble : vos idées avancent dans un ordre qui se comprend. La cohésion, c’est le tissu de liens entre les phrases. Un correcteur qui lit « D’abord… Ensuite… Certes… mais… Par conséquent… » suit votre pensée sans effort. À l’inverse, un texte sans connecteurs oblige le lecteur à deviner les rapports entre les idées, et chaque effort de devinette coûte des points. Soigner ses connecteurs reste un des leviers les plus rentables quand on prépare un plan de révision pour le B2, parce qu’il agit sur un critère entier de la grille.
Attention quand même : un connecteur mal choisi fait plus de mal qu’un connecteur absent. Écrire « Il pleut, par conséquent je prends un parapluie » est correct ; « Il pleut, néanmoins je prends un parapluie » envoie un message contraire à votre intention. La précision compte autant que la quantité.
Les connecteurs de cause et de conséquence

La cause répond à la question « pourquoi ? » et la conséquence à « avec quel résultat ? ». Ce sont les deux fonctions de base de l’argumentation : vous expliquez d’où vient un fait, puis ce qu’il entraîne. Le DELF B2 valorise les formes variées, au-delà de « parce que » et « donc » que tout le monde connaît depuis le niveau A2.
| Fonction | Connecteurs | Remarque d’emploi |
|---|---|---|
| Cause | parce que, car, puisque, comme, étant donné que, du fait que, en raison de, grâce à, à cause de | « grâce à » pour une cause positive, « à cause de » pour une cause négative |
| Conséquence | donc, alors, ainsi, par conséquent, c’est pourquoi, de sorte que, si bien que, d’où, dès lors | « par conséquent » et « dès lors » relèvent le niveau de langue à l’écrit |
Voici comment les employer dans un essai. « Étant donné que les villes concentrent les emplois, beaucoup de jeunes quittent les campagnes ; par conséquent, certaines régions se vident de leurs habitants. » La cause introduit le fait, la conséquence le prolonge. Notez la nuance entre « puisque » (la cause est connue de tous, déjà admise) et « parce que » (vous apportez une explication nouvelle). Bien distinguer « puisque » et « parce que » est typiquement la finesse qui marque le passage du B1 au B2.
Les connecteurs d’opposition et de concession
C’est ici que beaucoup de candidats perdent des points, parce qu’ils confondent les deux fonctions ou les sous-utilisent. L’opposition met face à face deux idées de même valeur : A d’un côté, B de l’autre. La concession, plus subtile, reconnaît une idée pour mieux affirmer la sienne : « je vous accorde ce point, mais voici mon argument plus fort ». Le jury repère immédiatement un candidat capable de concéder, car cela montre une pensée nuancée, attendue au B2.
| Fonction | Connecteurs | Remarque d’emploi |
|---|---|---|
| Opposition | mais, en revanche, par contre, au contraire, tandis que, alors que, contrairement à | « en revanche » est plus soutenu que « par contre » à l’écrit |
| Concession | certes… mais, bien que, quoique, même si, malgré, en dépit de, pourtant, cependant, toutefois, néanmoins | « bien que » et « quoique » exigent le subjonctif |
Le schéma « certes… mais… » est l’arme la plus rentable du DELF B2. Exemple : « Certes, les réseaux sociaux facilitent les échanges entre proches éloignés ; mais ils accentuent aussi l’isolement de ceux qui se comparent en permanence aux autres. » Vous reconnaissez l’argument adverse, puis vous le dépassez. Surveillez le mode après « bien que » : on écrit « bien que ce soit difficile », jamais « bien que c’est difficile ». Ce point grammatical croise directement la maîtrise du subjonctif, et travailler ces structures en même temps qu’élargir son vocabulaire B2 évite de réviser deux fois la même matière.
Addition, gradation et reformulation
Pour empiler des arguments sans répéter « et », le B2 attend une palette plus large. Ces connecteurs structurent un développement : ils annoncent qu’un nouvel argument arrive, le renforcent, ou reformulent une idée pour la clarifier. Ils donnent du rythme à votre texte et évitent l’effet catalogue.
| Fonction | Connecteurs | Remarque d’emploi |
|---|---|---|
| Addition | de plus, en outre, par ailleurs, de surcroît, non seulement… mais aussi, qui plus est | varier pour ne pas répéter « de plus » à chaque paragraphe |
| Gradation | d’abord, ensuite, voire, surtout, mieux encore | « voire » sert à pousser un argument plus loin |
| Reformulation | c’est-à-dire, en d’autres termes, autrement dit, en clair | utile pour préciser une idée complexe sans la répéter |
Exemple en contexte : « Le tri des déchets coûte du temps aux ménages. De surcroît, il suppose un espace que beaucoup d’appartements n’offrent pas. » L’argument s’ajoute proprement au précédent. Évitez d’aligner trois « de plus » de suite : c’est le réflexe que l’on garde du B1 et qui plafonne la note de cohésion.
Illustration, hypothèse et but
Un bon argument sans exemple reste abstrait, et le DELF B2 récompense l’argument illustré. Les connecteurs d’illustration introduisent vos exemples ; ceux d’hypothèse posent des conditions ; ceux de but exposent une intention. Ces trois fonctions reviennent dans presque tous les sujets, qu’il s’agisse d’un courrier formel ou d’un débat.
| Fonction | Connecteurs | Remarque d’emploi |
|---|---|---|
| Illustration | par exemple, ainsi, notamment, en particulier, comme, c’est le cas de | « notamment » cible un élément précis dans un ensemble |
| Hypothèse / condition | si, à condition que, à moins que, en cas de, dans l’hypothèse où, pourvu que | « à condition que » et « à moins que » demandent le subjonctif |
| But | afin de, pour que, dans le but de, de manière à, de façon à | « afin de » + infinitif si le sujet est le même, « pour que » + subjonctif sinon |
En situation : « De nombreuses villes piétonnisent leur centre afin de réduire la pollution ; à Pontevedra, en Espagne, par exemple, le trafic a fortement baissé. » L’intention est posée, puis l’exemple la rend concrète. Choisissez des exemples que vous connaissez bien : un exemple précis et vrai vaut mieux qu’un exemple vague servi pour « faire B2 ».
Les connecteurs qui ouvrent et ferment l’argumentation
Un essai ou un exposé a besoin de balises : un mot pour lancer, un mot pour conclure. Ces connecteurs d’organisation guident le correcteur du début à la fin et structurent les grandes parties de votre plan. Ils sont visibles, donc faciles à valoriser pour le jury, à condition de ne pas en abuser.
| Fonction | Connecteurs | Remarque d’emploi |
|---|---|---|
| Introduction | tout d’abord, en premier lieu, pour commencer, il s’agit de | un seul connecteur d’ouverture suffit, pas trois |
| Suite et transition | ensuite, par la suite, d’une part… d’autre part, en second lieu | « d’une part… d’autre part » va toujours par paire |
| Conclusion | en conclusion, pour conclure, en somme, finalement, en définitive, tout compte fait | annonce clairement la fin, sans répéter tout le développement |
Une conclusion type pourrait commencer ainsi : « En définitive, le télétravail offre une liberté réelle, à condition que l’entreprise préserve le lien entre collègues. » Le connecteur signale la fermeture, et la concession finale montre une pensée équilibrée. Gardez « en conclusion » pour le tout dernier paragraphe : l’employer au milieu du texte brouille la cohérence que vous cherchez justement à montrer.
À l’écrit : caser les bons connecteurs dans l’essai argumenté

La production écrite du DELF B2 demande une prise de position argumentée d’au moins 250 mots : contribution à un forum, courrier formel, article. Sur ce format court, chaque connecteur doit travailler. Une stratégie simple fonctionne bien : un connecteur d’ouverture en début d’introduction, un connecteur d’addition ou de gradation à chaque nouvel argument, un « certes… mais » dans le développement pour la nuance, et un connecteur de conclusion à la fin. La même mécanique sert à réussir l’essai argumenté de 250 mots, où l’enchaînement des idées pèse autant que les idées elles-mêmes.
Le piège classique est la surcharge. Un essai de 250 mots où chaque phrase commence par un connecteur devient mécanique et lourd ; le correcteur sent le procédé. Visez un connecteur réellement utile à chaque articulation d’idée, pas un par phrase. La justesse prime : mieux vaut quatre connecteurs bien choisis que dix plaqués au hasard. C’est la même exigence de structure qui sert quand on cherche à cocher les critères de la grille de production écrite.
Un dernier conseil d’écrit : variez la position du connecteur dans la phrase. « Cependant, les chiffres montrent l’inverse » et « Les chiffres, cependant, montrent l’inverse » disent la même chose, mais alterner les deux formes donne un texte plus fluide et plus naturel, ce qui sert la note de cohésion. C’est un réflexe utile pour progresser à l’écrit en français au-delà du seul examen.
À l’oral : enchaîner ses idées dans le monologue et le débat

La production orale du DELF B2 enchaîne un monologue suivi, où vous dégagez le thème d’un court document et défendez un point de vue, puis un débat avec l’examinateur. À l’oral, les connecteurs jouent un rôle supplémentaire : ils vous donnent le temps de penser. « Alors, tout d’abord… », « ce qui m’amène à dire que… », « j’en viens maintenant à… » remplissent les silences tout en montrant que vous structurez votre propos, ce qui aide à argumenter à l’oral face au jury sans paniquer.
Le débat est le moment où la concession devient précieuse. Quand l’examinateur conteste votre idée, répondre « Vous avez raison sur ce point ; cela dit, il faut aussi considérer que… » montre que vous écoutez et que vous rebondissez. Quelques formules orales sont à garder en réserve : « je comprends votre argument, mais », « c’est vrai dans une certaine mesure, toutefois », « j’irais même plus loin ». Elles fluidifient l’échange et impressionnent le jury sans en faire trop.
Évitez à l’oral les connecteurs trop écrits comme « en dépit de » ou « de surcroît », qui sonnent récités. Préférez leurs équivalents naturels : « malgré ça », « et puis surtout ». L’oral récompense la spontanéité organisée, pas la dissertation apprise par cœur. Si vous travaillez ces réflexes, vous gagnez sur le même critère de cohérence qu’à l’écrit, et la même base sert les deux épreuves.
Les erreurs de connecteurs qui coûtent cher
Trois fautes reviennent sans cesse dans les copies B2. La première : confondre opposition et concession, en utilisant « cependant » là où il faut « en revanche ». La deuxième : oublier le subjonctif après « bien que », « quoique », « à condition que », « afin que ». La troisième : empiler les connecteurs au point d’étouffer le sens, comme « Donc, par conséquent, c’est pourquoi je pense que… », où trois mots disent la même chose.
Une quatrième erreur, plus discrète, est la répétition : utiliser « de plus » quatre fois dans le même texte. Le jury y voit un vocabulaire pauvre, alors qu’une simple alternance avec « par ailleurs », « en outre » ou « qui plus est » réglerait le problème. La règle tient en une phrase : un connecteur juste, varié et bien placé vaut mieux qu’une accumulation.
Pour ancrer ces réflexes, le mieux reste de s’entraîner sur de vrais sujets et de se faire corriger. Sur fle.re, vous pouvez vous entraîner à l’argumentation avec des consignes type examen et un retour sur chaque connecteur employé, à l’écrit comme à l’oral. C’est en voyant ses propres maladresses corrigées qu’on cesse de les répéter le jour J.
Foire aux questions
Combien de connecteurs faut-il utiliser dans un essai DELF B2 ?
Il n’y a pas de nombre imposé. Sur un essai de 250 mots, comptez un connecteur à chaque articulation d’idée importante, soit environ un par paragraphe plus les connecteurs d’ouverture et de conclusion. La justesse compte plus que la quantité : un connecteur mal choisi pénalise davantage qu’un connecteur absent.
Quelle est la différence entre opposition et concession ?
L’opposition met deux idées de même valeur face à face (« A, en revanche B »). La concession reconnaît d’abord une idée adverse pour mieux affirmer la sienne ensuite (« certes A, mais B »). La concession montre une pensée nuancée, très valorisée au niveau B2.
Quels connecteurs demandent le subjonctif ?
Notamment « bien que », « quoique », « à condition que », « à moins que », « pour que », « afin que », « pourvu que » et « avant que ». Oublier le subjonctif après ces locutions est une faute fréquente qui touche à la fois la grammaire et la cohésion du propos.
Peut-on utiliser les mêmes connecteurs à l’écrit et à l’oral ?
En partie. Les connecteurs courants (mais, donc, par exemple, en revanche) marchent partout. Certaines formes très soutenues comme « de surcroît » ou « en dépit de » conviennent à l’écrit mais sonnent récitées à l’oral, où l’on préfère des équivalents plus simples et naturels.
Les connecteurs logiques suffisent-ils pour réussir le DELF B2 ?
Non, mais ils agissent sur un critère entier des grilles : la cohérence et la cohésion. Bien employés, ils font gagner des points sur les deux épreuves de production. Ils se combinent avec un vocabulaire riche, une grammaire maîtrisée et des arguments solides.
Comment mémoriser tous ces connecteurs ?
Ne les apprenez pas en liste. Choisissez deux ou trois connecteurs par fonction que vous maîtrisez vraiment, et employez-les dans vos entraînements jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques. Mieux vaut huit connecteurs sûrs, utilisés à bon escient, qu’une liste de cinquante que vous placez mal sous la pression de l’examen.

Anthony FLE est un passionné de langue française et d’enseignement. Il crée des ressources pédagogiques modernes pour aider chacun à apprendre et enseigner le français efficacement.
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